Gérard Romiti, Président du CNPMEM et du CRPMEM de Corse et les 4 vices-présidents du CNPMEM reçus à l'Elysée


Rencontre au plus haut niveau pour défendre l'ensemble de la pêche professionnelle



Les sujets évoqués ont été le suivants :

Le Brexit : souhait de pouvoir continuer à avoir accès aux zones de pêche dans les eaux britanniques au titre des droits historiques dans le respect du droit international et de bénéficier d'un engagement fort de l'Etat français pour préserver le secteur de la pêche française et les intérêts des pêcheurs. L'accès aux eaux britanniques est vital pour tous les métiers et pour tous les secteurs de la filière pêche. D'autant qu'une dévaluation de la livre risque de déstabiliser le marché européen des produits de la mer. Il est donc souhaitable que le secteur de la pêche soit une priorité et qu'une feuille de route établissant une stratégie soit rédigée.

La PCP : Alors que le Brexit a été voté, la Commission européenne continue à mener ses chantiers comme si rien ne s'était passé. Si la pêche va mieux, si le secteur est créateur d'emplois, le sentiment reste que la PCP manque de souplesse et pour certains ressemble à une machine infernale… Le FEAMP qui doit accompagner le secteur de la pêche est d'une complication extrême et l'inquiétude est à ne pas pouvoir utiliser l'enveloppe octroyée à la France. Le choix de la régionalisation et la fusion des régions sont à l'origine de ces difficultés de mobilisation des fonds. En parallèle, il a été demandé un renforcement de l'expertise scientifique et surtout un renforcement des moyens de l'administration pour accompagner le secteur de la pêche.

Environnement et nouveaux usages : Si le Brexit risque d'entrainer des pertes de zones de pêche, les mesures franco françaises en matière environnementale (natura 2000 au large, parc marins, champs éoliens…) vont entrainer aussi une perte de territoire. Une pause dans les appels à projet éolien a été demandé au président de la République.

DOM : les DOM ont des spécificités par rapport à la métropole. Les territoires d'outre mer ont des atouts économiques. Le vieillissement de la flotte, les surcouts liés à l'éloignement, la pêche illégale pénalisent toutefois gravement le secteur des pêches domiens alors que c'est un secteur qui pourrait permettre d lutter contre le chômage des jeunes. Un défi est donc à relever ensemble, professionnels et Etat.

Le Président de la République a apporté les réponses suivantes : Par rapport à la situation qui lui avait été exposé lorsqu'il faisait campagne il y a 4 an et demi, (crise de marché, prix du GO, négociation de la PCP…) il découvre que la situation a bien changé. L'expertise scientifique et le partenariat avec les pêcheurs ont été renforcés. Les stocks halieutiques sont en meilleur état. Une partie de la flotte est en renouvellement. Il a bien retenu les préoccupations exprimées, à savoir le Brexit, les normes environnementales et la pression de la PCP sur les entreprises. Il a compris le souhait d'une visibilité et d'une stabilité de la part des pêcheurs. Selon lui, le Brexit va entrainer effectivement des négociations longues d'autant que les britanniques sont eux mêmes assez partagés. Il a au vu des cartes qui lui ont été remises par la délégation (eaux territoriales britanniques et cartes des usages en Manche) que l'effet cumulé allait entrainer une restriction de l'espace préjudiciable à la pêche et que l'inquiétude des pêcheurs étaient donc fondé. Il s'engage à ce que la France obtienne de meilleurs quotas lors des prochaines négociations. Il a considéré que si les DOM sont une chance pour la France, il ne faut pas que ce ne soit qu'une chance mais un levier économique pour l'économie française.

Gérard Romiti a souligné en conclusion qu'il n'y avait pas de chômage à la pêche, que ce secteur était un ascenseur social pour les jeunes et qu'il fallait un signe de reconnaissance fort de l'Etat envers ce secteur qui comme l'aquaculture nourrit les français. A ce titre, il a rappelé l'initiative de France Filière pêche pour promouvoir la pêche française mais aussi pour mieux expertiser la ressource, permettre aux entreprises de pêche de s'inscrire dans un développement économique responsable et durable.

Le Président de la République a terminé l'entretien en assurant la délégation qu'il appuiera la reconnaissance des efforts du secteur au travers de toutes les initiatives développées depuis ces dernières années. Pour lui la pêche est un secteur d'avenir, ancré dans l'avenir et non tourné vers la nostalgie. DC


François Hollande, président de la répubique, Gérard Romité, Président du CNPMEM et les 4 Vice-Présidents du CNPMEM
François Hollande, président de la répubique, Gérard Romité, Président du CNPMEM et les 4 Vice-Présidents du CNPMEM